Déprimante et déprimée
Trahie et abandonnée
C½ur de verre et c½ur de pierre
Enchainée et solitaire
Elle se promène dans ce chaos
Elle erre vers des buts illusoires
Elle s'attache parfois à quelques fleurs
Attirée par leurs couleurs,
Leurs odeurs et leurs chaleurs
Mais elle déchante rapidement
Écorchée et blessée
Son sang qui coule ne l'étonne plus
La douleur dans sa poitrine non plus
Elle sait, elle a l'habitude, elle connait
Alors elle continue à nouveau seule
Où va-t-elle ?
Le sait-elle vraiment ?
Elle ne fuit pas, son pas est lent
Elle ne se promène pas non plus
Aucun plaisir dans ce monde tourmenté
Qui viendrait s'y aventurer ?
S'y perdre à jamais ?
Quelqu'un qui se cherche ?
Quelqu'un qui veux disparaitre peut être
Alors n'en pouvant plus de la suivre dans ce sinistre décor
J'ose briser doucement le silence de mort
Ma voix tremble légèrement
Mais je poursuis néanmoins et pose mes questions
« Jeune femme où vas-tu ?
Pieds nus dans le froid
Le corps en sang
Les vêtements sales
Les yeux dans le vide
Dis-moi qui étais-tu avant ?
Te souviens-tu d'un bonheur que tu aurais connu ?
Caressé lentement du bout des doigts ?
Une personne qui ne t'aurais jamais abandonnée ?
Un endroit où tu te sentais apaisée ?
Une odeur qui te rassurait ?
Souviens-toi s'il te plaît
Avant comment était-ce ?
Tu n'as pas pu errer ainsi depuis ta naissance
Il doit y avoir en toi de bons et doux souvenirs d'enfance
Raccroches toi à quelque chose
Oui à chaque fois la branche à cassée
Mais aujourd'hui peut-être.... »
Elle s'arrête lentement non loin de moi
Nullement surprise de ma présence
Le regard vide
Un sourire résigné
Son air las et fatigué
Soudain plusieurs jeunes femmes apparaissent
Identiques physiquement
Mais à l'aura si différentes
Elles me regardent toutes
Comme si elles me connaissaient depuis longtemps
Et je ne peux m'empêcher de me sentir liée à elles
Celle que je suis depuis le début
Me murmure péniblement
« Nous sommes nées à dix ans
Tu le sais bien, Il n'y a pas d'avant
Ici c'est mon monde « Mademoiselle »
Le chaos est mien, retourne à ta place
L'univers du chagrin t'appartient et t'attend
Aucune de nous ne peut laisser sa prison trop longtemps »
Je me réveille dans un cimetière
Aucune lumière, aucune vie
Les arbres sont morts
Et les os fleurissent sur des cendres
Une marre que je sais faite de larmes
Me renvoie mon reflet
Et sans surprise je comprends
Le royaume du chagrin est mien
Je suis à la maison
Il n'y a pas d'avant.
**MaDeMoiseLLe**
Évangile selon Matthieu. Monde biblique
Robert WALSER. Retour dans la neige.
Sans logique by Mylène Farmer

